L'âge de l'embryon détermine-t-il s'il s'agit d'une fausse couche ou de la mort d'un enfant ?
D : En référence à certaines interrogations du ministère, ministère de la santé, émises par certaines directions des affaires sanitaires des régions, à propos de l'âge du fœtus à partir duquel on considère qu'il s'agit de la mort d'un enfant ; et l'âge correspondant à l'avortement d'un embryon ; vu que dans ce sujet amène à se poser des questions d'ordre législatives et légales, nous souhaitons avoir de son excellence une fatwa légale à propos de l'âge limite du fœtus, qui une fois dépassé, donne lieu à parler de la mort d'un enfant et avant d'un avortement. Ainsi, nous pourrons tenir au courant les organismes concernés par ce sujet, pour que cela soit mis en vigueur.
R: Après étude de la question, la commission répond :
Premièrement : Avis religieux sur l'avortement :
1 - En principe, l'interruption de la grossesse quel que soit la durée de celle-ci, est interdit dans la charia.
2 - L'interruption de la grossesse à la première période, c'est-à-dire avant le quarantième jour, n'est permise que pour empêcher un mal éventuel ou pour réaliser un intérêt, et chaque cas est évalué individuellement sur le plan médical et légal. Tandis que l'avortement dans cette période par crainte de difficultés dans l'éducation des enfants ou par crainte d'incapacité à subvenir aux dépenses de leur vie et de leur éducation, ou encore pour leur futur ou parce que les parents voudraient se contenter des enfants qu'ils ont déjà, dans ces cas, il n'est pas permis.
3 - Il n'est pas permis d'interrompre la grossesse au stades de l'adhésion ou de Modgha, sauf si une commission médicale de confiance décide que la continuation de la grossesse constitue un danger pour la mère, comme craindre la mort de la mère en cas de poursuite de la grossesse. Dans ce cas, il est permis d'avorter, après épuisement de tous les moyens, pour éviter ces dangers.
4 - Après le troisième stade, et après l'achèvement des quatre mois de grossesse, il n'est pas permis d'avorter jusqu'à ce qu'un ensemble de médecins spécialisés et de confiance décident que la persistance du fœtus dans le ventre de sa mère engendrerait la mort de celle-ci, et ce après épuisement de tous les moyens pour le sauver. L'autorisation d'interrompre la grossesse dans ce cas et avec ces conditions a pour but d'empêcher le plus grave des maux et pour réaliser le meilleur des deux intérêts.
Deuxièmement : Les conséquences légales après interruption de la grossesse :
Elles diffèrent selon le temps de l'interruption et le stade parmi les quatre où elle a eu lieu, comme suit :
La première : Si la grossesse est interrompue dans les deux premiers stades : le stade de la goutte de semence amalgamée entre les deux eaux, qui correspond aux quarante premiers jours de l'accrochage de l'eau dans l'utérus, et le stade de l'adhérence qui est le stade de sa transformation en un sang gelé dans la période allant du quarantième au quatre-vingtième jour. Dans cette période, l'avortement sous forme de goutte de semence ou d'adhésion (sangsue) n'engendre pas de conséquences religieuses, sans différence aucune dans les avis des ulémas. La femme continue à faire son jeûne et sa prière comme s'il n'y avait pas d'interruption de grossesse. Elle doit faire les ablutions pour le temps de chaque prière si elle a du sang comme en cas de métrorragie.
La deuxième : Si la grossesse est interrompue dans le troisième stade, le stade de la Modgha - c'est à dire partie de chaire - au cours duquel se dessinent ses organes, son image, sa forme, et son apparence, ce qui correspond à la troisième quarantaine, allant du quatre-vingt-et-un au cent vingtième jour, dans ce cas, il y a deux situations :
1 - Cette Modgha n'a pas la forme apparente d'une créature humaine et les sages-femmes témoignent qu'il ne s'agit pas du début d'un humain. Dans ce cas, les conséquences religieuses sont les mêmes que pour les deux premiers stades. Il n'y a pas de particularités dans les avis religieux.
2 - La Modgha a achevé l'image d'un humain, ou représente une apparence de la créature humaine, une main, une jambe ou autre, ou encore une image discrète, ou si les sages-femmes témoignent qu'il s'agit d'un début d'un humain. Dans ce cas, l'interruption de la grossesse engendre des conséquences sur la pratique de la religion à savoir le post-partum et la période d'attente (Idda).
La troisième : si la grossesse est interrompue dans le quatrième stade, c'est-à-dire après que l'âme y soit soufflée,
ce qui arrive au début du cinquième mois, après le cent vingt et unième jour. Dans ce cas, il y a deux situations :
1 - Il n'a pas émis de cri, il a donc les jugements de la deuxième situation de la Modgha que l'on a déjà cités. En plus, il aura les grandes ablutions mortuaires et le linceul et on prie sur lui, avec un nom et une Aqîqa (cérémonie de baptême).
2 - Il a émis un cri, dans ce cas, il a tous les jugements d'un nouveau-né, à savoir ce que nous avons déjà précisé pour la situation précédente. En plus, il possède et hérite en cas de testament ou de patrimoine, il hérite et sera hérité et ainsi de suite, et Allah est l'Omniscient.
Qu'Allah vous accorde la réussite et que les prières et le salut soient sur notre Prophète Mohammad, ainsi que sur sa famille et ses compagnons.
Le Comité Permanent des Recherches Scientifiques et de la Délivrance des Fatwas (Al-Iftâ’)
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